Conférence


Soirée scientifique de l'Université Ouverte : Fourier, révolutionnaire ?

Jean Dhombres, Professeur des Universités, Directeur de recherche CNRS, Directeur d'études de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Paris

Joseph Fourier a bénéficié des nouvelles institutions révolutionnaires d’instruction : élève à l’École normale dite de l’an III en janvier 1795, en décembre de la même année, il devenait professeur d’analyse à l’Ecole bientôt dénommée comme polytechnique. Sans en fait beaucoup connaître l’analyse ! Il adoptait de fait la « méthode révolutionnaire » : celle d’apprendre en s’initiant à la recherche en train de se faire, dans les travaux de Laplace, de Lagrange et de Monge qui, tous trois mathématiciens formés sous l’Ancien Régime, le suivirent de bien près. Ce passage si rapide d’un élève à un maître, loin de l’université, a été en soi révolutionnaire.
Il ne faut pas oublier non plus que Fourier avait été élu comme élève à l’Ecole normale par un comité populaire ! La méritocratie de l’époque révolutionnaire accompagne un sens précis d’une élection populaire.
Le mot « révolution » a un sens différent quand on parle de science, et la question est de savoir comment l’appliquer à Fourier, un homme volontiers consensuel. S’il inventait, à partir de la notion d’ondes, l’idée de modes propres pour la chaleur comme je voudrais le montrer le plus simplement possible, il mêlait dans un même mouvement une analyse de nature physique à une synthèse de nature mathématique. Il ne s’intéressait guère à un autre mouvement de son époque, représenté par Gauss et bientôt Cauchy, qui fut la formulation rigoureuse des fondements de l’analyse.

Crédit photo : J. Dhombres



Conférence libre d'accès et gratuite.


 

Liste des horaires :

  • Le 8 novembre 2018 de 19h30 à 21h30

    Rendez-vous au Centre Culturel et de la Vie Associative, 234 cours Emile Zola à Villeurbanne. Metro A, arrêt Flachet